Flux RSS

Les impressions d'un journaliste à la COP

Verfasst von Thomas ERALY 18-12-2009

Je suis arrivé aujourd’hui à 10h au media center. C’était déjà presque rempli de journalistes. 3000 personnes qui se tapaient sur leur ordinateur je ne sais quoi « pour remplir » leur article.
C’est quoi cet attroupement au fond de la salle ? Ah ce sont les journalistes espagnols qui râlent car leur ministre de l’environnement est restée 5 minutes avec eux seulement.

Moi j’ai appelé mon rédac chef. Il m’a encore pris la tête car selon lui je dois parler de choses plus concrètes. Je suis trop vague  d’après lui. Purée ! Mais est-ce de ma faute s’il est presque impossible de savoir quoi que ce soit dans ce Bella Center ? T’as beau avoir 10000 personnes qui courent dans tous les sens, parlent à leur gsm avec un air sérieux ou tapotent sur leur portable, pas moyen d’avoir la moindre info un peu valable.
-« je ne sais pas vous dire ce qu’il en est pour le moment »
-« pour le moment on est dans une phase discussion »
-« rien ne filtre, impossible de savoir »
-« je suis comme vous monsieur le journaliste, j’attends de voir »

Merci quoi ! Qu’est-ce qu’on fiche ici ? Pas une personne ne sait ce qui se passe on dirait. C’était bien la peine de venir jusqu’ici. En tout cas c’est chouette de passer deux semaines à chercher à savoir.
J’en viens à regretter les révoltes des ONG. Là c’était bien, il se passait quelque chose au moins. On pouvait enfin parler d’un fait. Je reconnais, j’ai un peu amplifié les affrontements. Mais c’était plus fort que moi, pour une fois que j’avais un contenu un peu sympa.
Mais maintenant que toutes ces personnes se sont fait exclure, c’est le vide.

Les politiques sont arrivés. Ca c’est chouette. On peut commenter leurs discours. Mais ça dure un jour. Après ? Ah oui on peut leur courir après, les suivre lorsqu’ils passent d’une réunion à une autre. Ils ne disent rien mais on peut s’amuser à commenter leur visage. Zapatero a souri, c’est bon signe. Sarkozy a toussé, ça veut dire que c’est mauvais signe. Merkel a pris un biscuit qu’elle n’a pas mangé. Les négociations la dégoûtent et lui font perdre l’appétit. 

C’est vrai que je suis un peu dur. Il y a tout pleins de politiques qu’on peut interviewer. Mais si on peut les interviewer c’est soit qu’ils ne savent rien car ils sont là pour l’image, soit qu’ils ne comprennent rien, soit qu’ils ne sont pas du tout important dans cette négociation.
Et puis il y a tous ces officiels qui sont aussi officiels que moi champion du monde de pétanque. Ils se sentent importants, critiquent les politiques pour leur recherche permanente de pub et ils sont les premiers à suivre et à prendre des photos des hommes politiques importants. A la limite, qu’ils fassent ça ne me dérange pas, mais si au moins ils pouvaient me donner une info concrète. N’importe quoi, une info, un truc, quelque chose à dire. J’en ai marre de raconter le vide moi.

Bon là c’est la nuit finale il paraît. La lutte finale. De cette nuit dépendra l’avenir de la planète, enfin c’est ce que tout le monde dit dans la salle de presse. Demain ils n’auront pas le choix. Ils devront dire quelque chose. Ils sont obligés. Après deux semaines de conférences de presse vagues et vides on va avoir du contenu, j’en suis sûr.
Et quelque chose me dit que ce qu’ils vont m’annoncer ce sera encore du vent et qu’on devra faire du vent sur du vent.
Je sens qu’ils vont nous dire qu’ils sont tombés sur les grandes lignes d’un accord politique et qu’ils discutent encore sur des petits détails (alors qu’en fait ils ont pas fini de discuter du tout et qu’en fait le vrai accord va tomber dans la nuit de dimanche à lundi).
Je sens qu’ils vont nous dire qu’ils prévoient de se revoir en juillet pour discuter d’un accord juridique (et hop des vacances au camping de Limoges qui tombent à l’eau).
Je sens qu’ils vont nous expliquer que les négociations ont été difficiles mais que l’accord est un grand accord dans l’histoire de l’humanité et qu’ils nous donnent rendez-vous en juillet pour boucler les derniers détails. 

Et là je sens que je vais faire un tour près de la délégation belge, pour voir si le ministre du climat ne veut pas répondre à mes questions. Il veut toujours bien répondre lui.


Pierre et Thomas
 


Verfasst von LETAWE Isabelle 19-12-2009

Alors, qu'est-ce qu'il a répondu ?


Verfasst von ERALY Thomas 19-12-2009

que l'accord est encore plus pourri qu'il ne pensait!

Ihren Kommentar verfassen